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Les artistes et intellectuels mondiaux condamnent le génocide contre les Tutsis
Plus de 40 participants mondiaux dont les artistes, écrivains, sociologues, anthropologues, cinéastes, etc. sont réunis au Rwanda, fin juillet 2008, dans une Conférence Internationale sur le Génocide des Tutsi et Reconstruction. Tous ont condamné avec la dernière énergie, ce génocide systématique qui a été commis à la fin du XX ème siècle, alors que les nations avaient juré "never again" ou "plus jamais"
Les cerveaux mondiaux dotés de l'esprit humanitaire, entre autres les intellectuels qui excellent dans différentes disciplines, braquent leurs yeux critiques sur le génocide contre les Tutsi commis en 1994. Venus de toutes les horizons du globe, ils ont sillonné le Rwanda post-génocide en vue de remarquer le pas franchi sur le plan reconstruction du pays.
Les écrivains qui ont concentré leurs efforts pour relater le calvaire rwandais de 1994, ont exposé leurs ouvrages pendant la conférence. Facilement, on pouvait lire certains intitulés : "Le sabre, la machette et le goupillon" de Léon Saur; "La mort ne veut pas de moi" de Yolande Mukagasana; "J'ai serré la main du diable" du Général Roméo Dallaire; "Le Rwanda, la presse en question" de Sylvie Klinkemallie; "Le piège ethnique" de Benjamin Schene; "Casques bleus, sang noir" de Pierre Olivier Richard, etc.
Le Président de la Commission Nationale de Lutte contre le génocide, M. Kanimba Misago, a passé en revue la genèse du génocide contre les Tutsi, démontrant qu'il date de l'époque coloniale du Rwanda. En particulier, ce mal a baigné dans le monde littéraire, regrette ainsi Kanimba. Ici, il a montré comment les intellectuels ont commis, de manière atroce et insupportable, le génocide. "Les professeurs de l'Université Nationale du Rwanda ont commis le génocide. A l'entrée de cette université, un mémorial est érigé en mémoire des victimes du génocide. Il fait donc preuve de leur participation criminelle", dit Misago à ses pairs scientistes et artistes en la conférence.
Rien n'a empêché le Président de la Commission Nationale de Lutte contre le génocide de souligner et d'insister sur les préparatifs minutieux du génocide contre les Tutsi durant la première et la deuxième République."Le génocide a été préparé et commis par les organes de l'Etat. Longtemps exécuté par les deux dernières Républiques, les coupables n'avaient jamais été punis. Les Tutsi étaient les sans voix, leurs droits étaient bafoués…"
Les voix se lèvent contre le génocide
La période post-génocide est marquée par les efforts de lutte contre le génocide sous toutes ses formes. M. Kanimba rappelle l'enquête menée par les parlementaires, qui a fait preuve de l'existence de l'idéologie du génocide qui ronge les communautés rwandaises. Dans les écoles, les élèves sont accablés par certains faits discriminatoires des uns contre les autres. Les rescapés du génocide sont humiliés, pourchassés et tués par leurs bourreaux respectifs. Cependant, des mesures draconiennes ont été mises en place pour juguler toute manifestation de l'idéologie du génocide. Une loi le stipule sérieusement.
Les dirigeants, à différentes instances, ont le devoir de sensibiliser les dirigés de se soustraire de toute division au profit de la cohésion sociale, source de paix et de développement durable. Outre ces stratégies posées dans le contexte de l'anti-idéologie du génocide, le monde a aussi contribué à la lutte contre le génocide et ses ramifications en instituant la date du 7 avril comme la Journée Internationale de Lutte contre le Génocide. La société civile de chaque nation est donc avisée sur les crimes commis ici et là dans le monde, de même que les conflits armés qui peuvent déboucher à la criminalité massive qui donnerait naissance au génocide.
Le Ministre de la Culture et Sport, M. Joseph Habineza, qui a participé à cette conférence sur le génocide des Tutsi, a lancé un cri d'alarme aux nations, les interpellant de capturer les présumés génocidaires qui continuent de déambuler librement d'un pays à l'autre. Joseph a rappelé que le génocide contre les Tutsi a été amplifié par les intellectuels. Il a donné l'exemple de l'artiste Bikindi, aujourd'hui en détention dans le pénitencier du Tribunal Pénal International pour le Rwanda sis à Arusha en Tanzanie qui, à travers ses chansons, a encouragé cruellement les Rwandais à tuer les Rwandais!
Le Ministre a toutefois aussi montré la nouvelle image du Rwanda. "Le Rwanda est sécurisé totalement, personne ne vous offensera, il ne faut pas avoir de réticence de sillonner la ville même pendant les heures tardives de la nuit", s'adresse-t-il ainsi aux hôtes de marque dans la conférence.
Des milliers de génocidaires ont été jugés et condamnés dans les tribunaux traditionnels "Gacaca" avec l'esprit de rétablir la réconciliation des Rwandais et de bannir la culture de l'impunité qui était devenue un mal enraciné dans la société rwandaise. Les coupables qui ont bien assimilé la philosophie de ces tribunaux, sont passés à l'aveu de culpabilité, regrettant ainsi solennellement leurs actes ignobles. Ceux-ci ont vu leur peine réduite considérablement. Nombreux exécutent les travaux d'intérêt général.
Bien que les séquelles du génocide soient encore manifestes de toute part, néanmoins la réconciliation des Rwandais s'établit petit à petit. La population se regroupe en associations à caractère lucratif, sans distinction de l'ethnie ni de sexe, en vue d'accéder aux crédits bancaires. "C'est une réussite qui mérite sa place", annonce un participant dans la conférence.
Dans la province du Nord, les dirigeants sont résolument engagés à faire de la lutte contre l'idéologie du génocide une priorité. Cette zone fut la demeure des défenseurs de l'idéologie du génocide durant plusieurs années. M. Rucagu Boniface, Gouverneur de cette province, a ordonné que chaque maison donnant sur les grand-routes, les établissements scolaires, les hôpitaux, les boutiques ainsi que les monuments, portent des inscriptions anti-idéologie du génocide, chose due et réussie…
Safari Byuma
L’école maternelle devient la base de l’éducation
C’est vendredi du 25 juillet 2008 qu’une trentaine d’enseignants des écoles maternelles venus de tous les districts du pays terminaient une formation d’une semaine qui leur était destinée en vue de renforcer leur capacité. C’était dans le Collège de l’éducation de Kavumu, District de Muhanga, Province du Sud. Ce Collège est considéré dans le pays comme étant le Centre d’excellence pour l’enseignement de la petite enfance.
Comme l’a précisé Dr Erasme Rwanamiza, le Principal du Collège de Kavumu dans les cérémonies de clôture de cette formation, ces enseignants qui venaient d’être formés vont, à leur tour, former leurs collègues enseignants au niveau de leurs districts respectifs. Cette formation fut une très favorable occasion pour ces enseignants d’être en contact avec les programmes d’enseignement dans les écoles maternelles ainsi que les livres de méthodologie destinés à guider les enseignants lors de l’exécution de leur noble métier. «Nous voulons harmoniser l’enseignement de la maternelle en visant la qualité afin de permettre à l’enfant d’avoir des bases solides pour affronter l’enseignement du primaire, du secondaire et du supérieur », a annoncé Dr Rwanamiza.
Comme Dr Rwanamiza a continué à le dire, l’enseignement dans les écoles maternelles a, pendant longtemps, souffert du manque des mécanismes pouvant garantir sa qualité. « Personne n’y avait pensé », a-t-il précisé. C’est, d’ailleurs, pour cela que jusqu’aujourd’hui, il n’y a aucune école secondaire, ni faculté, ni institution d’enseignement supérieur qui assure la formation des futurs enseignants des écoles maternelles. Pour cela, dans les écoles maternelles qui fonctionnent en visant la qualité et qui ont des moyens financiers, cet enseignement est assuré par les personnes qui ont été formées normalement pour l’enseignement du primaire ou secondaire. Dans d’autres écoles, surtout se trouvant dans les campagnes, où les moyens sont très limités, les enseignants des écoles maternelles sont, la plupart du temps, des personnes qui ont été « chassées » dans les écoles primaires suite à leur niveau d’instruction très basse ou par des personnes qui sont en quête d’un autre emploi.
Parlant des problèmes qui existent dans les écoles maternelles, Odette Umutesi, l’une des bénéficiaires de la formation de Kavumu, a indiqué que les enseignants des écoles maternelles, particulièrement celles de la campagne, font fatiguer les enfants en les enseignants comme ceux des écoles primaires alors qu’ils n’ont pas encore atteint l’âge du primaire.
Pour Jeanne Kanyemera a, de son côté, souligné que la majorité des écoles maternelles n’ont pas assez de matériels didactiques pour bien mener l’enseignement à la maternelle. Pour cela, les enseignants ont été invités à pouvoir se fabriquer les outils dont ils ont besoin dans l’enseignement qu’ils dispensent.
Un autre problème qui a été évoqué est celui des parents qui envoient les enfants dans des écoles maternelles mais qui ne veulent pas pays les frais destinés à faire fonctionner l’école, surtout à payer l’éducateur. « Sur 40 enfants que j’ai dans ma classe, 16 seulement ont accepté de payer 1000frw demandés pour un trimestre. L’école n’est pas à mesure de pouvoir me payer chaque mais, je ne peux non plus abandonner les enfants car il est difficile de fuir la vocation», a souligné un des participants.
Lors de la formation, les enseignants des écoles maternelles ont appris qu’ils sont d’abord, des éducateurs qui doivent, aussi, apprendre aux enfants la discipline, les bons comportements en plus des cours destinés à préparer l’enfant à pouvoir lire, écrire et compter le moment venu.
Parmi les souhaits émis lors de la formation, ces enseignants ont mentionné notamment l’intervention que l’Etat doit effectuer pour assurer à ses éducateurs non pas seulement les formations, les manuels et les programmes, mais aussi pour leur garantir les salaires de façon mensuelle. « Nous voulons être motivés », ont ils fait savoir.
Revenant sur le contenu des programmes, les éducateurs ont indiqué l’inquiétude qui résulte des traductions discordantes des ces programmes en Kinyarwanda et en Anglais. « Il faut revoir les traductions en adaptant la traduction du Kinyarwanda à celle de l’Anglais car c’est cette dernière qui est plus consistante », ont-ils ajouté.
Viateur Bizimana
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