Bientôt, une école de musique au pays de mille collines !!!
Vers l’internationalisation de la culture rwandaise

Le projet ne reste plus actuellement dans les ambitions de l’organiste compositeur Kizito Mihigo. Les premiers pas sont déjà tracés pour que les Rwandais jouissent d’une école de musique. En s’entretenant avec cet initiateur dudit long projet qu’il appelle «  Conservatoire National Culturel du Rwanda  » , le lancement dans les quelques années qui viennent s’inscrit dans le cadre de la vision 2020 de notre pays ! Ayant atteint les Ministères concernés (celui de l’Education et celui de la Culture), le dossier avance bien! Un bilan de l’évolution se présente aux lecteurs de La Nouvelle Relève.

La modernisation de toutes les activités se présente actuellement comme outil indispensable du développement durable. Cette fois-ci, les cultures sont concernées non pas pour la simple évolution vers le partage des produits par les outils modernes mais aussi pour la conservation de la mémoire et la transmission en héritage aux générations futures. Dans ce sens, un projet de création d’une école de musique au Rwanda reste en cours, initié par l’organiste compositeur Kizito Mihigo. Les premiers pas sont franchis et beaucoup de Rwandais pourront en bénéficier dans les années qui viennent.

 

Vision : la jeunesse !

Selon le programme provisoire prédéfini, toutes les couches de la population rwandaise figurent parmi les bénéficiaires de ce projet. Toutefois, les jeunes y prennent une place importante. « Si nous voulons partager nos arts et cultures avec des générations futures, nous devons nous intéresser davantage aux jeunes, à nos enfants. Dans ce sens, même les tout petits y auront accès  », souligne Kizito Mihigo. Pour ces jeunes, l’aval des parents sera une condition exigée pour entrer dans cette école. Au départ,  il est prévu une formation à temps partiel. « Le Conservatoire   ne compte pas, du moins, dans ses débuts, organiser une formation à temps plein ; plutôt, il commencera par un programme en cours du soir, selon un horaire qui arrange les élèves, au cours de la semaine. Durant les vacances scolaires ordinaires, il s’attèlera à organiser des stages et ateliers aux profits de ses élèves  ; une sorte de cours intensifs », signale-t-il. Particulièrement au niveau de cette formation, l’écriture musicale, le solfège et le déchiffrage, seraient privilégiés, pour que les Rwandais puissent écrire leurs œuvres, (et donc les conserver), et lire les œuvres des autres cultures. Côté instruments, il est évident que nous nous intéresserions aux instruments classiques et internationaux comme le piano, la guitare, le violon et autres, mais avant tout, nous chercherons comment  nos instruments (inanga, umuduri, iningiri…) pourraient aussi avoir une méthode scientifique dans leur apprentissage et enseignement... Plus tard, les programmes spéciaux - voire les programmes à temps plein- seront organisés en fonction de la demande et les personnes adultes pourront bénéficier des formations spécialisées en musique et arts.

En voulant savoir si dans le recrutement, les talentueux ne seront pas moins considérés, la réponse est simple: « un test de recrutement est prévu »! Mihigo ajoute que ce test sera orienté sur les œuvres artistiques disponibles actuellement comme la musique religieuse, la musique traditionnelle et les arts de plusieurs catégories.

Si les œuvres musicales ne cessent de jaillir sur le marché, quel sera le rôle de l’école ?

C’est vrai que les Rwandais ne cessent de produire des chansons et des autres œuvres artistiques et culturelles, sans toutefois avoir bénéficié d’une formation spécialisée. Cela nous ramène à réfléchir sur l’importance de cette école dans le pays. Sur ce, l’organiste compositeur Kizito Mihigo se sert d’un exemple pour élucider les conditions dans lesquelles les artistes rwandais opèrent. « Rares sont ceux qui parviennent à vendre leurs productions : le piratage bat son plein jusqu’à ce que le producteur ne bénéficie de rien ! C’est dommage ! Nous devons passer au changement pour valoriser nos œuvres ». Parmi d’autres avantages, il cite le développement de la diversité des produits, la bonne conservation des œuvres musicales, voire artistiques et le partage avec d’autres communautés du monde entier.

Etant donné la rareté de ressources humaines formatrices dans ce domaine, Kizito Mihigo reste optimiste dans la réalisation de ce projet. « Ils sont rares je le reconnais mais nous avons pu les identifier. Les uns sont d’ailleurs informés et nous ont manifesté leur adhésion » ! Pour lui, les Rwandais n’ont pas besoin et ne doivent pas du tout attendre des milliers et des milliers de génies, surtout dans ce domaine, afin  de travailler pour leur patrie. Dans ce sens, il stipule que l e peu de gens que nous avons avec le peu qu’ils connaissent, suffisent pour commencer à ériger la fondation, qui sera finalement achevée par nos enfants. Ainsi nous aurions eu l’espérance que dans l’avenir, il y aurait parmi nos descendants, ceux et/ou celles qui seront connus comme des célébrités en arts de nature rwandaise au niveau africain et international.

Il ajoute l’éventualité de faire recours à d’autres formateurs de la région ressortissant des pays jouissant déjà des écoles pareilles, à savoir le Kenya et l’Ouganda.  Quant au financement, les différents bailleurs et partenaires ont été atteints comme l’Union européenne avec laquelle les négociations restent en cours. De plus, les Rwandais sont capables de monter une telle initiative via le pouvoir public ou le secteur privé, rassure-t-il.

 

Le pouvoir public impliqué!

Après les différentes négociations avec les représentants du Ministère chargé de la Culture et ceux du Ministère de l’Education, l’organiste Kizito Mihigo témoigne l’adhésion totale du gouvernement rwandais. Du coté du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture (MIJESPOC), cette initiative facilitera la promotion de l’académie des arts et de la culture qui devra bientôt opérer dans le pays.  « La facilité de formation et l’encadrement des membres de cette académie  semble un outil important », a-t-il signalé. Il ajoute qu’au niveau du Ministère de l’éducation, la livraison de l’outil informatique et d’autres équipements est garantie dans la mesure du possible.   

Evoluer vers le développement durable  

Selon les propos de l’organiste compositeur Kizito Mihigo, les artistes rwandais ont des talents et ne cessent de produire. L’aspect scientifique reste à étendre dans leurs œuvres pour que la culture serve davantage vers le développement durable au Rwanda. Dans ce sens, il est signalé ici l’encouragement des initiatives de production existantes, la promotion de l’art rwandaise et la bonne conservation des produits disponibles.

En passant par une telle formation, la culture rwandaise sera beaucoup plus partagée dans les communautés locale et régionale, voire le monde entier. De plus, les Rwandais bénéficieront des œuvres compétitives dans les secteurs axés comme la publicité, la poésie, l’audiovisuel, le théâtre, etc. «  Toute ma gratitude au nom du Rwanda, tous mes remerciements à tous ceux ou celles qui auront la volonté de contribuer à cet acte que nous, en tant que Rwandais, souhaitons donner comme cadeau à notre chère patrie  » ; conclut-il !  

Didier Semanyenzi 


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