Palmegren, nouveau sélectionneur des " Amavubi "
Les deux défaites contre le Nigéria à Lagos et contre le Zimbabwe à Kigali sur le même score de 2 buts à zéro auront eu raison du non-renouvellement du contrat du sélectionneur national des " Amavubi ". La colère commençait à gronder parmi les amateurs du ballon rond. Ratomir Dujkovic avait auparavant signé un contrat de 3 ans et renouvelé pour une année avec la qualification à la coupe d'Afrique des nations Tunisie 2004. Le travail du coach serbe avait donné des fruits, il est vrai, mais actuellement il faut l'avouer, le discours ne passait plus auprès des joueurs.Ratomir peut se targuer d'avoir qualifié le Rwanda pour la 1ère fois de son histoire pour une compétition continentale. La débâcle de Kigali devant les Zimbabwéens a laissé un goût amer dans la bouche des Rwandais que la Fédération Rwandaise de Football Amateur a décidé de tourner la page Ratomir. Exit donc Ratomir, son successeur s'appelle Roger Palmegren. De nationalité suédoise, Palmegren a la lourde tâche de redorer le blason un peu verni du miroir international du football rwandais. La quarantaine alerte, Palmegren a pas mal bourlingué sur le continent. L'Italie, la Sierra Léone, le Congo-Kinshasa, ont tous bénéficié de son expérience.
Tour à tour, il entraîne la Sierra Léone à la CAN 1996 en Afrique du Sud et la RDC lors de l'expédition de 2000 au Ghana et Nigéria. Roger Palmegren a collaboré avec plusieurs illustres clubs européens notamment Bologne et Lazio de Rome d'Italie, Feynoord et l'Ajax des Pays-Bas, Manchester United, Stade Rennais de France. Le nouveau sélectionneur national a refusé plusieurs propositions d'entraîneur au Sénégal, Ghana, Nigéria pour venir au pays des mille collines. Marié et père de 2 enfants, Palmegren a signé un contrat de 2 ans renouvelable et aux contours financiers non-communiqués à la presse.La FERWAFA et son comité directeur avaient convoqué la presse pour présenter le nouvel technicien à la tête du football rwandais. Dans une salle comble dont une grande partie des fanatiques, le Président de la FERWAFA, le Général Major César Kayisari a présenté brièvement la tâche du nouveau sélectionneur et a passé la parole à ce dernier.
D'emblée, Roger Palmegren place la barre très haut. Pour lui, son ambition est d'amener le Rwanda à la coupe du monde 2006 en Allemagne. Quand les journalistes le rappelle que le Rwanda a déjà perdu 2 rencontres dont l'une à domicile, Palmegren répond que ce n'est pas un problème et que pour y remédier le Rwanda devra gagner les 2 prochains matchs. Il argumente cela parce qu'après quelques séances d'entraînement, il a aperçu d'énormes potentialités que possèdent les joueurs rwandais. Palmegren déplore néanmoins le manque de conditions physiques de nos footballeurs. D'où, il devra s'atteler à les renforcer. Le coach suédois pense qu'avec un bon joueur, une bonne organisation et un zeste de chance, les résultats suivent à coup sûr.
Les journalistes ont voulu savoir qu'au cas où il n'atteindrait pas ses objectifs, il rendra son tablier. Perplexe et pensif, Palmegren a répondu qu'il ne réfléchissait pas dans ce sens, qu'il devra remplir son contrat en son terme. Beaucoup pensent qu'à défaut de la coupe du monde, il se contenterait bien d'une CAN, la deuxième consécutive pour notre pays. Palmegren a promis une transparence dans les choix des sélectionnés. Il a dit qu'il n'accepterait aucun diktat de n'importe qui. Les meilleurs auront leurs places en équipe nationale. Plus question d'amener des joueurs qui cirent les bancs de réservistes des équipes en Europe.
Là, le nouveau coach est catégorique, le joueur professionnel qui viendra devra être titulaire dans son équipe. Pour cela, il compte aller en Europe les visionner et se rendre compte de leur forme. Et pour les joueurs locaux, les méritants seront ceux qui auront affiché une forme étincelante et surtout une discipline de fer. Palmegren ne tergiverse pas avec la discipline. Soit un joueur s'entraîne correctement soit il reste à la maison. Dans son contrat, il est prévu que Palmegren soit conseiller à l'école de football, organise des séances de formations pour les entraîneurs et pour terminer Directeur technique de toutes les équipes nationales Juniors, Espoirs, Seniors. S'agissant de la langue de communication, Palmegren affirme que le langage footbalistique est universel. Il parle couramment l'Anglais, l'Allemand et le CréolePalmegren a donné un exemple frappant : au cours de son passage en RDC, il ne parlait ni Français, Lingala ou Swahili mais il parvenait à se faire comprendre. Et au Rwanda, il n'y aurait pas de problème majeur, puisqu'il envisage d'apprendre le Français et le Kinyarwanda.
Fair play, Palmegren a salué le travail accompli par son prédécesseur Ratomir et a souhaité une franche collaboration avec la presse, nonobstant quelques règles strictes comme ne pas interviewer un joueur au cours d'un match ou d'un entraînement. Avis pour tous les joueurs ou encadreurs qui se baladent avec leurs portables dans la zone neutre ou les bancs de touche. Il s'agit là d'un phénomène qui ne se trouve qu'au Rwanda et que nous dénonçons chaque fois dans nos colonnes. Chose impensable. Comment expliquer qu'un entraîneur a sur son banc un portable et qu'il reçoit des injonctions de ses dirigeants et la plupart des cas ne connaissant rien au football. Palmegren a promis de ratisser large dans l'effectif des équipes du championnat pour donner la chance à tout le monde. Les maîtres mots de Palmegren, rigueur, travail, discipline. Espérons qu'il aura les coudées franches pour mener à terme sa mission qui est la qualification au mondial 2006 à défaut de la prochaine CAN en Egypte.
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