Le site mémorial Bisesero en 9 chambres symbolisant les 9 Communes de l’ex-Kibuye

Le site Mémorial de Bisesero


Après les cérémonies d’inhumation en toute dignité des restes des corps des victimes du génocide des Tutsi de 1994 à Bisesero, en Avril 1998, 1006 corps ont été conservés. Par ce fait, les activités de construction des chambres sont au nombre de 9. Ce chiffre symbolise les 9 communes de l’ex-préfecture de Kibuye, car les Tutsi morts étaient venus de toutes les communes, à savoir Bwakira,  Kivumu, Mwendo, Mabanza, Gishyita, Rwamatamu, Gisovu, Rutsiro et Gitesi. Chacune de ces Communes, dès que les constructions seront terminées, aura sa chambre.
D’où vient ce symbole ?
Après la mort de l’ancien Président Habyarimana Juvénal, le 06 Avril 1994, les autorités de la commune Gisovu ont ordonné aux Tutsi de confier leurs biens à leurs voisins dignes de confiance afin que ces derniers les gardent. Après quelques jours, les Tutsi se sont rassemblés au sommet de la colline Muyira se trouvant tout près de Bisesero. Leurs maisons furent brulées et les massacres commencèrent.« Voulant sauver leur vie, les Tutsi réfugiés à Muyira ont lutté contre les attaques des génocidaires en utilisant les armes traditionnelles et les pierres. Ils ont résisté à plusieurs attaques. L’information circule et se répand à travers toute la préfecture. C’est ainsi que d’autres Tutsi quittent leurs cachettes et rejoignent les autres à Muyira. La résistance a duré plus d’un mois. Du 13 au 18 Mai 1994, les Interahamwe venant de tous les coins de la préfecture, renforcés par ceux des préfectures voisines, sont venus nombreux et commencèrent les attaques meurtrières. A ce moment, il n’y avait plus de moyens de résistance et de défense car les forces étaient déjà épuisées. Ceux qui ont pu échapper se sont réfugiés dans les brousses », nous a révélé M. Damascène Ntaganira, chargé des activités de ce site.Dès l’arrivée des Français à cet endroit, ceux qui avaient échappé ont quitté leur cachette espérant revivre. Ils ont eu un entretien avec les Français qui leur ont promis de revenir après 3 jours. C’est ainsi que les tueurs ont pu savoir qu’ils sont en vie. Pendant ces trois jours, les massacres ont été repris mais sous une autre forme, pas de jour, pas de nuit, tous se ressemblaient. Comme convenu, après 3 jours les Français sont revenus mais beaucoup de personnes étaient déjà tuées, de façon qu’entre 50.000 et 60.000 Tutsi qui s’étaient réfugiés à Muyira et seuls 1300 ont pu échapper à ce carnage. Les héros sont Birara, son fils Nzigira, et un héros inconnu.          
Théodette Mutuyimana

CNUR : les artistes utiles pour renforcer l’unité et la réconciliation

Mme Fatuma Ndangira, Secrétaire Exécutive de la CNUR

La Commission Nationale pour l’Unité et la Réconciliation (CNUR) a organisé une réunion à l’intention des artistes rwandais à l’Hôtel Hill Top, la date du 30 Mars 2009.Selon Madame Fatuma Ndangiza, Secrétaire exécutif du CNUR, dans le cadre de mettre en pratique la politique d’unité et réconciliation, la CNUR organise des réunions avec différentes couches de la société rwandaise afin de construire une nation unie, où tous les Rwandais accèdent à leurs droits et participent ensemble dans la bonne gouvernance et le développement du pays ». Dans ce sens, nous avons eu des réunions avec différentes associations, les églises, les journalistes, les instances des femmes, des jeunes, les districts, etc, depuis ce mois de mars.
Les artistes ont un rôle très important à jouer dans la mise en pratique de cette politique d’unité et réconciliation. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, nous nous entretenons avec eux, a précisé Madame Ndangiza.D’après cette dernière, les différents artistes dont les musiciens, les acteurs des théâtres et films, les poètes, les écrivains, etc sont aussi utiles au changement de comportement de la société, suite à leurs messages qui ont un grand impact dans la société.
Dans différents messages qu’ils donnent à la société en la divertissant, nous voulons développer aussi le thème de l’unité et de la réconciliation de la société rwandaise, déchirée par le génocide de 1994. Nous voulons également collaborer avec eux dans l’unité et la réconciliation du peuple rwandais en luttant contre l’idéologie du génocide, dit-elle.


En effet, les victimes comme les bourreaux sont victimes du traumatisme de ce qu’ils ont vécu ou fait, les artistes alors sont mieux placés dans la promotion de la culture de paix, tolérance, unité et réconciliation car ils transmettent leurs messages facilement au peuple, affirme Mme Fatuma Ndangiza.
Après la réunion, la Secrétaire exécutive a précisé qu’un forum réunissant les artistes et la CNUR est mise en place. Ce forum devrait se réunir au moins deux fois par an et pour les encourager, la CNUR va mettre en place une coupe d’unité et réconciliation pour les artistes les plus courageux dans la promotion d’unité et réconciliation ainsi que le renforcement de la culture de paix et tolérance.D’après les différents artistes contactés dont les musiciens Sgt Robert, Josiane Uwineza, connue souvent sous le nom de Miss Jojo, Silas Mbonimana et d’autres, la réunion avec la CNUR est importante dans le sens où ils se sont entretenus sur le développement positif de la culture rwandaise et le changement de comportement de la société rwandaise en promouvant la culture de paix, d’unité et réconciliation ainsi que la tolérance.« Comme je suis née au Rwanda et vécu les événements du génocide, dans mes chansons, j’aime éduquer mon peuple comment vivre en harmonie en respectant les droits  des autres dans le but de renforcer la culture  de paix et tolérance. Je demande à tous ceux qui m’aiment et apprécient mes chansons de lutter pour la reconstruction de notre société et la culture de paix et de réconciliation afin de participer tous au développement de notre pays », souligne Miss Jojo.Enfin, la Secrétaire exécutive de la CNUR déclare que l’organisation de ces réunions en vue de renforcer la collaboration avec les différentes instances dont les institutions étatiques, la société civile, le secteur privé, et cela dans toutes les provinces du pays, se poursuivra.

Chantal Namukunzi

Kizito Mihigo« Si je devais me choisir un nom, et que ce nom devrait signifier ce que je suis, ou en tout cas ce que je veux être de tout cœur, je m'appellerais: "Le Rwanda réconcilié par le Christ"  

Né le Samedi 25 Juillet 1981 à KIBEHO, ancienne préfecture de Gikongoro, dans l'actuelle Province du Sud.
Fils de Augustin Buguzi et Placidie Ilibagiza, organiste, chanteur, auteur et compositeur rwandais de 27 ans, formé au Conservatoire de Musique de Paris, auteur de 380 compositions liturgiques, rescapé du génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda, le chrétien catholique Kizito Mihigo a consacré son art à la culture de la Paix. Depuis l'année 2003, il a œuvré pour le pardon, la réconciliation et l'unité du peuple rwandais, ensuite il s'est entièrement consacré au message de paix (le pardon, la réconciliation, la tolérance, la non-exclusion..) dans le monde. Il se nomme lui même: "Artiste de Dieu œuvrant pour la paix".
.L'enfance de Kizito Mihigo
A l'âge où tous les petits garçons, au lieu d'aller puiser de l'eau à la source, s'adonnaient à leur jeu de football, le petit Kizito, quant à lui, préférait l'Eglise du village où il allait furtivement s'entraîner à l'harmonium, souvent à l'insu du Curé de la paroisse. Il rentrait souvent à la maison tout peureux et en silence. Cette attitude de contrit désarmait toujours les parents. Il évolua donc entre les humeurs du Curé, les réprimandes des parents et sa passion pour l'harmonium.
A l'époque, le petit Kizito composait de petites chansons pour enfants, telle NI NDE MUGABO N'EJO, ce qui signifie "Qui est l'homme intègre de demain?", chanson composée à 9 ans. Le caractère humoristique de cette chanson de ce petit Mozart africain, attirait l'attention de tout le monde, y compris ses parents.
Son adolescence
Sa composition qui l'a rendu célèbre remonte vers ses 13 ans, juste après son entrée au Petit Séminaire Virgo-Fidelis de BUTARE, une école reconnue comme l'un des berceaux de la musique sacrée au Rwanda, grâce à ses célèbres initiateurs tels les regrettés Père Boniface MUSONI, Monsieur Alphonse RUTSINDURA, l'Abbé Gabriel NKURANYABAHIZI, etc. A cet époque Kizito MIHIGO a des muses qui étonnent, quant à la rapidité de composer, et à son talent qui font de lui déjà une grande figure de la musique rwandaise.
Chorale MELOMANE.
A l'époque où Kizito MIHIGO était au Petit Séminaire, un groupe des volontaires mélomanes naquit dans l'établissement. Il s'agit des enfants de la promotion débutante, qu'il avait choisis et sensibilisés pour exécuter ses compositions, une cinquantaine de chants religieux au total, au cours d'une même année! Le 25 Avril 1997, naissait la Chorale MELOMANE du Petit Séminaire, reconnue et encouragée par les autorités de ce collège. Dès le mois de Mai de la même année, la Chorale Mélomane commençait ses sorties et les tournées dans les écoles et les paroisses environnantes.
Avec la Chorale MELOMANE, et au contact des autres chorales, Kizito Mihigo atteignit le plus haut niveau de la musique liturgique au Rwanda de cette époque. Notre chorale sortit première d'une compétition nationale des chorales organisée en l'an 2000. Un recueil de 80 chants liturgiques, composés par Kizito Mihigo, fut publié à l'intention des autres chorales du pays. Kizito Mihigo en sortit meilleur compositeur du pays. Cependant, les autorités du Séminaire n'étaient pas toujours contentes du succès de Kizito car, à leur avis, le jeune Kizito, emporté par sa passion musicale, n'arrivait plus à suivre les cours.
L’Abbé François Xavier Twagirumukiza, Recteur du Séminaire à l'époque, se décida de prendre les mesures draconiennes à l'encontre de Kizito et de la Chorale qu'il animait. Un conflit ouvert avec les autorités du Séminaire emmena le jeune Kizito à se demander pourquoi les équipes de Volley Ball et de Basket Ball sont autorisées à sortir quand elles veulent et partout où elles veulent, mais pas sa chorale qui, cela s'en faut, jouait un rôle d'apostolat qui se passait de tout commentaire.
"Je ne comprendrais jamais, disait Kizito Mihigo, la raison pour laquelle le Séminaire pourrait contrecarrer les initiatives apostoliques des séminaristes, et permettre les équipes sportives d'aller partout où elles veulent et quand elles veulent"
UMEBOM (Union des Mélomanes pour la Bonne Orientation de la Musique)
Etant, depuis son enfance, l'homme des principes, le compositeur a voulu commencer quelque chose de plus consistant, toujours dans le domaine de la musique sacrée, au niveau des écoles secondaires du Rwanda. A l'exemple de la Chorale MELOMANE, les établissements catholiques ont créé chacun la sienne.
Mihigo, avec ses Mélomanes, apprécia énormément cet amour de la musique liturgique par la jeunesse rwandaise, car l'une des meilleures façons d'éduquer la jeunesse, pensait-il, c'est de lui faire aimer le bien. Il commença petit à petit à sensibiliser les écoles afin de former une association dans laquelle seraient réunies toutes les chorales liturgiques des écoles au Rwanda.
Le 12 Septembre 2001, naissait l'UMEBOM (Union des Mélomanes pour la Bonne Orientation de la Musique) composé de plus de 10 écoles auxquelles s'ajouteront les autres au fil du temps.
Avec la Chorale de Kigali
Kizito Mihigo a été l'organiste compositeur de la Chorale de Kigali depuis son entrée au Petit Séminaire. Il passait toutes ses vacances avec cette chorale, un groupe d'une renommée nationale depuis 1967. Cette chorale a été fondée par les fonctionnaires de la ville de Kigali, presque tous anciens séminaristes et amateurs de la musique liturgique. Depuis sa sortie du Séminaire (2001), étant en même temps élève au Collège Saint André de Kigali, Kizito se concentra à la Chorale de Kigali qui battit et continue à battre encore aujourd'hui les records nationaux grâce aux compositions de ce jeune talent.
La Chorale de Kigali dirigée par Monsieur Cyriaque Ngoboka, fut la meilleure interprète des compositions de Kizito Mihigo à cette époque.
Une sélection de Gérard Rugambwa

Bugesera: illustration du génocide des Tutsi  préparé bien avant  

Le site mémorial de Ntamata

Le Rwanda s'apprête à commémorer pour la 15ème fois, le génocide des Tutsi de 1994 qui a emporté plus d'un million de victimes. Dans le sillage de rendre compte sur les préparatifs en cours, du deuil national, La Nouvelle Relève a mené des entretiens avec le chargé des sites mémoriaux dans le district de Bugesera, M. André Kamana, lui-même rescapé de plusieurs massacres qui ont eu lieu au Rwanda dans cette entité administrative depuis les année 1950 et le grand calvaire, le génocide des Tutsi de 1994. Même s'il a connu un  parcours douloureux, il garde toujours certaines dates historiques inoubliables.Depuis 1959, M. André Kamana a assisté au calvaire des Tutsi, marqué par plusieurs massacres et menaces contre eux. Le Bugesera qui a connu le pire par rapport à d'autres régions du pays suite à la mouche tsé-tsé qui devrait s'attaquer aux Tutsi déplacés dans cette région et au manque d'infrastructures, pour la plupart des massacres qui ont été organisés dans le Bugesera, la communauté internationale n'en était pas informée. A cela s'ajoute des animaux sauvages qui les déstabilisaient, comme les hyènes et les lions.

 "Les circonscriptions administratives comme Kanzenze, Ngenda, Gashora et Nyamata ont beaucoup à raconter sur les micros et macros génocides qui ont eu lieu au fur du temps dans la région du Bugesera", annonce M. André Kamana. Celui-ci démarre son récit à partir des années 1964 lorsque les "INYENZI " (certains Tutsi et Hutu qui voulaient renverser le pouvoir en place) ont attaqué le Rwanda. "A chaque attaque, les Tutsi du Bugesera étaient tués. Je n'oublierai pas la date du 21décembre 1964, lorsque les militaires ont brûlé nos maisons et tué des milliers de Tutsi. Les cadavres ont été jetés dans la rivière de Nyabarongo", dit André qui ajoute que le génocide des Tutsi date  des années 1960, car en 1966, suite aux attaques des INYENZI, un mini génocide a eu bel et bien lieu dans le Bugesera. "Les militaires du camps Gako dans cette circonscription, ont tué arbitrairement les Tutsi et les ont jetés dans une grande fosse de Rwabayanga. Le Préfet de Kigali-rural, M. André Sebatware  était celui qui a encouragé les meurtres des Tutsi", explique le vieux Kamana. 1963, M. André Kamana se souvient des propos du Bourgmestre de  Kanzenze, M Fidèle Rwambuka et de l'ancien Colonel Kanyarengwe (qui était le commandant du camp militaire de Gako) qui véhiculaient des messages purement génocidaires. " En 1963, entre 3000 et 5000 Tutsi ont été tués. Le Bugesera a connu son grand calvaire notamment à Kibugabuga, Mwendo, Juru, Rwinume, Karera, Mbyo, Gicaca, Maranyundo et dans d'autres circonscriptions", annonce ce rescapé des génocides perpétrés dans son district. Les conséquences qui découlent  de cette situation est  le nombre accru des réfugiés en Ouganda, en Tanzanie et au Burundi. Comme le pouvoir du Président Kayibanda craignait fort les attaques des INYENZI, celui-ci a voulu regrouper les Tutsi de Bugesera avec certains déplacés Hutu ensemble, pour pouvoir contrôler les Tutsi qui constitueraient une très grande force s'ils étaient seuls dans cette région marginalisée. C'est dans cette optique que Kayibanda a institué la politique du paysannat qui est comparable aux agglomérations actuelles. Consécutivement, le Président Kayibanda a éliminé les Tutsi en 1966, 1967, 1968, 1971 et son successeur Habyarimana qui a aussi agit de la même manière en 1973.

Les deux premières Républiques ont organisé des meurtres sans précédent contre les Tutsi. La preuve en est que tous les discours politiques renferment des messages génocidaires. " Les messages des autorités de cette époque ne véhiculaient que seulement  
de la haine, un apocalypse préparé et bien outillé", s'acharneKamana qui reprend mot par mot certains propos des dignitaires comme ceux du Président Grégoire Kayibanda et ceux du Préfet de la ville de Kigali, M. Noël Mbonabaryi. Kayibanda a dit " Ku byerekeye INYENZI, nibamara kuba inyenzi gusa, bizimara". Cela est équivalent d' "En ce qui concerne les INYENZI, quand ils deviendront purement des cancrélats, l'affaire sera close". Ceci ne vise qu'à déshumaniser et à diaboliser  les Tutsi afin qu'ils périssent tous le plus rapidement  possible. Mbonabaryi lui, a affirmé: "Votre chance est que nous avons un Président "munyanduga" sinon le Bugesera serait effacé de la carte du Rwanda" Ici l'adjectif "munyanduga" s'oppose à celui d'"umurera" qui sont tous deux mots attribués respectivement à la population du Sud et du Nord dans leur façon d'agissement diamétralement opposée. "Un munyanduga" a la connotation d'une personne maligne, plus ou moins lente dans son agissement. Tandis qu’un "murera" semble plus brutal et criminel d'après la conception de certaines gens…Makuza Anastase qui fut ministre dans plusieurs portefeuilles, lui aussi a joué un rôle prépondérant dans la propagande de l'idéologie du génocide. Kamana répète les extraits de son discours de la manière: "Muhonge, mwemere, muhunge", autrement dit, "rachetez-vous, humiliez-vous et réfugiez-vous". Ce message ne vise que la terreur à l'endroit des Tutsi et les sacrifier dans des meurtres, assure Kamana.Dans l'histoire de Bugesera, la paix n'avait jamais été retrouvée. Il était marginalisé volontairement par les autorités politiques. Pour en faire une illustration, Kamana  affirme que la première école secondaire dans le Bugesera a vu le jour en 1972. Celle-ci n'a été motivée que  par les réfugiés burundais qui étaient sur le lieu. De même, le Bugesera n'avait aucun hôpital jusqu'à la fin du génocide des Tutsi de 1994.  André Kamana   qui a été rescapé de tous ces massacres, trouve que le Bugesera n'a pas connu seulement le calvaire des Tutsi, mais aussi des Hutu qui étaient aussi privés des infrastructures, comme des écoles, des routes, centres de santé, etc.

Les années 90, préparatifs du forfait définitif (génocide des Tutsi)

Les années 1990 augurent l'ère du multipartisme au Rwanda, mais aussi l'essai  du génocide des Tutsi  qui s'est déclenché en avril 1994. M. André Kamana a vu les Tutsi tués en 1990 et en 1991, accusés de traîtres du pays suite aux attaques du FPR. Les militaires de Gako ont encore réaffirmé leur face meurtrière. "Ils ont tué des jeunes Tutsi…accusés d'être en communication avec le FPR", dit Kamana qui assistait de près, les drames macabres dans le Bugesera. Du 06 au 9 mars 1992, le parti MRND du Président Habyalimana a organisé des tueries des Tutsi parce que certains Tutsi avaient adhéré à d'autres formations politiques. Kamana a vu l'apocalypse de 600 victimes Tutsi. Grand nombre de leurs familles se sont réfugiées dans les paroisses et églises même dans des mosquées. Kamana affirme que les assassins n'avaient pas encore l'idée de poursuivre les Tutsi dans les lieux sacrés, comme cela se fit pendant le génocide des Tutsi de 1994.Antonia Locatelli, sœur religieuse à Nyamata, de nationalité italienne, a succombé à l'essai du génocide des Tutsi. Elle était la seule personne qui détenait le téléphone. "Chaque fois  que les Tutsi étaient à la merci de certains Hutu extrémistes, cette sœur avertissait la communauté internationale. Les 600 victimes tutsi qui furent tuées et dénoncées par elle, lui ont valu la mort…", développe André Kamana. Le Préfet de Kigali-rural qui s'était rendu dans le Bugesera, M. Emmanuel Bagambiki, avait condamné les Tutsi, les accusant d’auteurs de la guerre. Il faisait  donc allusion au FPR  qui attaquait le pouvoir de feu Habyarimana.Pendant le génocide de 1994, près de 40. 000 victimes tutsi ont été tuées dans l'Eglise de Nyamata, après avoir fait une résistance contre les assassins Interahamwe.  Les militaires de Gako sont encore intervenus pour lancer des grenades sur les Tutsi.

Le vieux André Kamana a beaucoup à dire sur le génocide des Tutsi. Cependant, il se résigne de dire un mot sur certains faits macabres qui interpellent les autorités en place.

Safari Byuma

Le Rwanda pense construire un site mémorial en Ouganda

Le génocide des Tutsi de 1994 a été vécu par les voisins directs du Rwanda. L'Ouganda qui se localise au Nord, a vu des victimes tutsi du génocide transportées par les eaux de la rivière Akagera qui verse ses eaux dans le lac Victoria. Les Ougandais stupéfaits de cet événement quasiment unique, ont exhumé ces corps  bon gré mal gré sans tenir compte de leur dignité.Devant le Parlement, la chambre des Députés, Mme Rosemary Museminari,  Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, affirme que le Rwanda devra mener des pourparlers avec l'Ouganda en vue de statuer sur les modalités d'ériger un site mémorial de ces victimes.  Le Ministre des Sports et de la culture, M. Joseph Habineza, ajoute que ce site qui sera érigé en Ouganda, jouera le rôle de la mémoire et de leçon. Cependant, il atteste que cela est le devoir de tout un chacun. Les deux ministres avaient été au Parlement pour répondre aux questions des Parlementaires sur la situation des sites de génocides. Pour le ministre Habineza, l’état actuel des sites de génocide est consécutif au problème de budget. Les explications des deux ministres n’ont pas satisfait les Députés qui devront formuler des questions écrites pour ces deux ministres.Le Rwanda commémore, pour la 15ème fois, les victimes du génocide des Tutsi. Partout dans le monde, ce génocide est condamné et les auteurs de ce drame sont   hautement pourchassés. Certains sont détenus par le TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda) sis à Arusha en Tanzanie.

Safari Byuma

La Commission Européenne rend hommage à ses employés décédés pendant le génocide Tutsi


La délégation de la Commission Européenne a marqué le 15ème anniversaire du génocide tutsi par une cérémonie, le 3 avril 2009, au cours de laquelle elle a tenu à honorer ses employés décédés pendant les événements tragiques du génocide tutsi de 1994.Une plaque commémorative a été dévoilée et une gerbe de fleurs déposée à leur mémoire au cours d’une cérémonie intime qui s’est tenue dans les locaux de la délégation à Kigali. Etaient  présents à la cérémonie, le Ministre de la Culture et des Sports, M. Joseph Habineza, le Ministre à la Primature chargé des Affaires Gouvernementales, Dr Charles Muligande, la Ministre à la Primature chargée de l’Information, Madame Louise Mushikiwabo, les Ambassadeurs des Etats membres de l’Union Européenne, les familles des victimes et les représentants des associations des rescapés du génocide dont IBUKA, ARCT Ruhuka et la CNUR.
Au cours de cette cérémonie, le Chef de délégation de la Commission Européenne au Rwanda s’est exprimé en ces mots :  «Je salue solennellement la mémoire de nos collègues, en l’honneur desquelles nous sommes réunis aujourd’hui et je dis aux familles qui sont présentes que nous partageons leur peine en cette période de deuil qui commence ». En outre, le Chef de délégation de la Commission Européenne, l’Ambassadeur Dr David MacRae, a rappelé l’importance du devoir de mémoire et du devoir de réconciliation, ainsi que la lutte contre les tentatives de minimiser les crimes contre l’humanité tels que le génocide des Tutsi de 1994, dit-il. Notons enfin que la Commission Européenne apporte son soutien à plusieurs organisations comme la Commission Nationale pour l’Unité et la Réconciliation, l’Association des veuves du Génocide,  AVEGA, le collectif des associations des rescapés du génocide,  IBUKA, qui mène pour le moment un projet en l’honneur des justes qui ont sauvé la vie des victimes du génocide, et l’Association rwandaise des Conseillers en traumatisme ARCT/Ruhuka.

Chantal Namukunzi   

 


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